Jason Herbert,25 ans, adhérent en 2016, conseiller prud’homal en 2018

Reconnu journaliste par le conseil des prud'hommes d’Angoulême (octobre 2015) puis par la cour d'appel de Bordeaux (mai 2017), alors que le quotidien La Charente Libre cantonnait Jason Herbert, 25 ans à un statut de précaire, de correspondant local de presse (CLP), il avait attaqué son ex-employeur pour licenciement sans cause réelle et sérieuse. Et obtenu gain de cause. La Charente Libre et Jason Herbert se sont pourvus en cassation. L'affaire suit son cours.
Entré en octobre 2012, il a, jusqu'en novembre 2014, travaillé dans l'entreprise avec un contrat de travail quand son employeur soutient mordicus qu'il n'existait aucun lien de subordination. Il, nous, Journalistes CFDT, ne sommes pas de cet avis. Durant ces mois, ces années de procédure, le client Jason  Herbert s'est beaucoup impliqué dans son dossier au côté de son avocate, Arianna Monticelli. « Je voulais comprendre les choses, les argumentaires des deux parties et sur quels textes législatifs ils s'appuyaient. » Cette expérience lui a donné le goût pour la législation du travail, pour le droit social.

La passion du droit
Il a vécu de l'intérieur le fonctionnement d'un conseil des prud'hommes. "Je me suis découvert une vraie passion pour ces questions dans un monde du travail qui se complexifie" explique-t-il. Devenir conseiller prud'homal à 25 ans, semble étrange ont dû penser beaucoup de personnes lors de la rentrée solennelle du conseil des prud'hommes d'Angoulême, le 31 janvier. Désigné par la CFDT, le journaliste spécialiste du web et des réseaux sociaux n'a pas suivi d'études de droit social, n' a aucune connaissance particulière en ressources humaines.
Son parcours est singulier. A 18 ans, quand où il obtient son baccalauréat professionnel en commerce, il a déjà créé sa petite entreprise et exerce en parallèle une activité de chargé de communication numérique. La faculté l'intéresse quand il est repéré par le quotidien la Charente libre.
Durant l'instruction de son dossier, Jason trouve appui auprès de la CFDT, qui l'accompagne à tous les échelons, local comme national. Il franchit le pas et adhère début 2016. Dans la foulée, il intègre le conseil national des Journalistes CFDT où ses connaissances et son sérieux sont vite appréciés. Il apprend que les règles de nomination des conseillers prud’homaux sont modifiées. Les candidatures sont désormais présentées par les organisations syndicales. Il tente sa chance à l'Union départementale CFDT de la Charente. Le postulant est mis à l'épreuve. Il participe aux permanences juridiques, met la main à la pâte. Et convainc : sa candidature est entérinée, suivie d'une formation en droit de 4 jours.

Le 11 janvier dernier, ce fut le grand jour, le saut dans le grand bain. Il prête serment.  Durant son mandat de quatre ans, il siégera dans la section encadrement. "Je sais que mon âge va surprendre. Certains pourraient se dire je vais être défendu par quelqu'un qui n'a pas ou peu d'expérience, je cours à la catastrophe. » Jason est prêt à entrer en jeu. « Je ne serais jamais seul, il y a deux représentants du collège employeurs et deux représentants du collège salariés. » Il mesure aussi les enjeux : « aux prud'hommes, certains demandeurs ont l'impression de jouer leur vie. L'impact psychologique est fort. Je dois beaucoup travailler les dossiers et, surtout, m'appuyer uniquement sur le droit."  
Comme tous les autres conseillers, il suivra une formation obligatoire pour acquérir des bases en droit, dispensée par des magistrats de l’École nationale de la magistrature (ENM). Jason a aussi conscience qu'il s'agit d'un tribunal de proximité dans une petite ville où tous les protagonistes se connaissent "C'est le droit et uniquement le droit qui doit prévaloir dans le traitement des dossiers, quel que soit la qualité du demandeur."

Publié le : 
Mardi, 6 Février, 2018
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