A l’attention du Président de la République et du Premier ministre

Paris, le 01/04/2020

A l’attention du Président de la République et du Premier ministre

 

Messieurs,

Le maintien de la liberté de l’information et de la diffusion de la presse ne laissent pas de nous inquiéter. Nous souhaitons donc attirer votre attention sur la responsabilité conjointe de l’Etat et des éditeurs.

Depuis plusieurs jours, certains éditeurs n’hésitent pas à mettre en cause la Poste quant à la rupture de diffusion quotidienne des journaux. Si les quotidiens ne parviennent plus chaque jour par la voie postale à leurs lecteurs, pour la CFDT-Journalistes, les responsabilités se situent avant tout au niveau de l’Etat et des entreprises de presse.

En effet, en ce qui concerne l’Etat, par ailleurs actionnaire de La Poste, il lui appartient d’être garant de la Constitution et notamment de la liberté d’informer et l’accord Presse-Poste.

Nous sollicitons dans le même temps les éditeurs réunis dans leur syndicat Alliance pour qu’ils assument leurs propres responsabilités, tant vis-à-vis de leurs lecteurs que des salariés qu’ils emploient, et notamment les journalistes, dont les plus précaires sont en train de subir des réductions de piges bien souvent sans pouvoir faire valoir leurs droits au chômage partiel ou total.

Parallèlement, nous avons appelé nos consœurs et confrères à continuer à exercer leur profession avec honnêteté, opiniâtreté et dans le respect de notre déontologie qui suppose que plus que jamais, le journaliste ne doit « confondre le métier de journaliste avec celui du publicitaire ou du propagandiste; n’accepter aucune consigne, directe ou indirecte, des annonceurs », qu’ils soient de nature privée ou gouvernementale (9e devoir de la Charte de Munich). Plus que jamais, le journaliste « ne peut être contraint à accomplir un acte professionnel ou à exprimer une opinion qui serait contraire à sa conviction ou sa conscience » (3e devoir de la Charte de Munich).

Dans ce cadre, CFDT-Journalistes vous demande les mesures que vous comptez prendre pour faire respecter la liberté d’informer, la diffusion de la presse –nous demandons bien évidemment une négociation éditeurs-Poste-syndicats sous l'égide du Premier ministre - et pour veiller au respect du Code du travail, notamment à l’égard des journalistes en situation précaire et emplois atypiques.

Dans l’attente, veuillez croire, Messieurs, en l’expression de nos salutations respectueuses.

 

Hakima Bounemoura,

Secrétaire générale adjointe

CFDT Journalistes - 47-49 Avenue Simon Bolivar – 75019 Paris

                                                                  

 

Publié le : 
Mercredi, 1 Avril, 2020
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