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La parole aux candidats

Faire bouger les lignes !


Dès le 1er tour, les candidats de l’Union syndicale des journalistes doivent recueillir le maximum de voix. Et si par hasard, le quorum des votants n’est pas atteint, nous devons réitérer au 2e tour. Élus depuis 2006, Xavier Brouet et Jean-Jacques Nerdenne font le point sur leur mandat et les enjeux de la carte de presse aujourd’hui.

 

La Commission de la Carte d’Identité des Journalistes Professionnels demeure l’instance de référence de la profession, un lieu de débat et de médiation où se côtoient journalistes et patrons de presse. La CCIJP ne se substitue en aucun cas aux syndicats dans leur rôle de défense des droits des journalistes qu’ils soient salariés ou pigistes.
L’Union Syndicale des Journalistes CFDT compte faire entendre sa voix encore plus fort au cours des trois années à venir, pour cela, un seul moyen: les urnes !

DP : Quelles ont été les priorités de nos représentants CFDT à la CCIJP durant le mandat qui s'achève ?

XB : Lors des débats en séance plénière, composée de représentants d'éditeurs et de syndicalistes, la prise en compte de critères professionnels et déontologiques a été défendue par la CFDT, plutôt que l'application purement mécanique de critères juridiques (employeur, fonction exercée, rémunération). Avec pour objectif de réduire les distorsions existantes : on peut ainsi regretter que des journalistes d'investigation ne puissent obtenir leur carte de presse, alors que certains dessinateurs, faisant du lettrage pour la presse jeune, ou d'autres qui écrivent pour des revues pornos l'obtiennent.

DP : À quoi cela sert-il de siéger au sein d'un organisme aussi difficile à faire évoluer ?

JJN : Comme toute institution, la CCIJP a les travers de ses qualités. Elle reste avant tout un formidable observatoire de la profession, au moment ou celle-ci traverse une grave crise à la fois économique mais aussi existentielle.

DP : C'est-à-dire ?

XB : La perte d'influence des quotidiens papier, la précarisation des journalistes, les évolutions technologiques, l'internet, la confusion des missions (polyvalence), les pressions politiques et économiques, ou encore les mouvements de concentration financiers et l'émergence de l'info low cost conditionnent l'avenir du métier. Les élus CFDT qui siègent à la CCIJP ont constamment à l'esprit de ne pas perdre de vue l'essentiel : défendre les garanties d'indépendance et de rétribution de ceux qui font de la recherche et du traitement de l'information leur métier.


DP : Avec la crise on peut craindre une redoutable augmentation de la précarité….


JJN : Cela sera l'une des principales préoccupations de nos élus à la CCIJP pour les trois prochaines années. Si les statistiques de la commission témoignent d'une relative stabilité de la précarité des journalistes entre 1998 et 2008 (3,6% de sans emploi et plus de 18% de pigistes) on peut craindre le contrecoup de la crise actuelle. Autre signe inquiétant, sur les 37307 cartes attribuées en 2008, il n'y a que six titulaires de plus par rapport à l'année précédente. Après un accroissement des effectifs de 22% en dix ans, la profession va-t-elle devoir faire face à une décrue des titulaires de la carte ? Une telle perspective constituerait un vrai tournant. Au moment où l'attractivité de notre métier n'a jamais été aussi forte chez les jeunes.

Propos recueillis par Dominique Préhu
Co secrétaire générale USJ-CFDT

Entre 2006 et 2009, les évolutions enregistrées par la profession précédemment se sont accélérées: travail précaire, chômage, faiblesses des rémunérations… Les deux élus de la CFDT se sont mobilisés pour défendre les collègues dans ces situations.

  • Pour les bas salaires : la carte de presse est attribuée à partir d’un demi-Smic, soit 627 € ;
  • Pour les médias électroniques : les journalistes qui travaillent dans ces entreprises se voient désormais attribuer la carte de presse pour peu qu’ils soient employés en référence à lac convention collective nationale de travail, qu’ils aient une qualification journalistique reconnue et que leur média produise une info réactualisée périodiquement ;
  • Pour les sociétés de production audiovisuelle: les élus CFDT ont soutenu les mêmes critères de reconnaissance pour l’obtention de la carte de presse.


L’égalité de traitement entre tous les journalistes, afin qu’aucun d’entre eux ne soient désavantagés a été la ligne force des deux élus de la CFDT.